Krach boursier imminent en 2025 : que faire de son argent ?
Entre tensions géopolitiques, valorisations élevées, forte volatilité des marchés et liquidités record chez certains investisseurs, les signaux d'alerte s'accumulent. Un krach boursier est-il imminent en 2025 ? Que dois-on faire de son argent et comment protéger son patrimoine ?
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Attention, le krach est imprévisible et tenter de le prédire est souvent l'erreur la plus coûteuse. La vraie question n'est donc pas si, ou quand il va se produire, mais plutôt, comment le surmonter et même en profiter ? Je vous donne les quatre fondamentaux pour transformer la crise à venir en opportunité. Bien entendu, ce sont les approches que j'applique personnellement, il ne s'agit en aucun cas de conseils en investissement.
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Les signes de vulnérabilité du marché :
Examinons d'abord les principaux signes de vulnérabilité du marché boursier. Premièrement, le MSCI World, un indice censé représenter les marchés mondiaux, est actuellement exposé à 72% aux États-Unis. Le marché américain est lui même extrêmement concentré sur quelques méga capitalisations technologiques.

➡️ 9 entreprises dont Apple, Microsoft et Nvidia représentent à elles seules plus de 34% du SP 500.
Cette concentration s'accompagne de valorisations élevées, avec un ratio PE : prix de l'action par bénéfice d'environ 30, soit bien au-dessus des moyennes historiques.
Face à cela, certains investisseurs parmi les plus grands de tous les temps, prennent leurs précautions. Warren Buffet, habituellement très exposé détient un montant record de 334 milliards de liquidités chez Berkshire Hathaway. Il a notamment liquidé plus de 55% de ses positions sur Apple et se tourne massivement vers les obligations américaines. Ce positionnement défensif nous incite évidemment à la prudence.
Autre phénomène, l'euphorie autour de l'IA semble intégrée dans les cours, le narratif qui domine désormais est celui de l'incertitude face aux nombreuses tensions géopolitiques et aux déséquilibres économiques.
✅ Ces signaux ne prédisent pas le moment exact d'un krach, mais ils nous rappellent l'importance d'y être préparé.
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1. Renforcer ses liquidités
Ma première stratégie face à l'incertitude est d'augmenter ma part de liquidités. Je maintiens pour cela une réserve de sécurité couvrant 6 à 12 mois de mes dépenses essentielles, me protégeant des imprévus, et m'évitant de vendre mes investissements au pire moment.
Au-delà de ce coussin financier, je garde une part plus importante de mon portefeuille liquide pour profiter de deux avantages cruciaux :
- réduire la volatilité
- avoir la capacité d'investir lors des baisses significatives.
On sait que les meilleures opportunités se trouvent systématiquement à la suite des krachs.
Pour cette part de liquidités, il est possible de se tourner vers les livrets d'épargne pour leur disponibilité immédiate, les fonds en euros des assurances vies pour leur rendement légèrement supérieur, et une portion en obligations d'états qui offrent une protection précieuse en marché déflationniste.

✅Bien que cette approche implique un coût d'opportunité face à l'inflation, la flexibilité qu'elle procure est inestimable en cas de krach. L'objectif est de trouver votre propre équilibre entre prudence et érosion par l'inflation.
2. Diversifier son patrimoine
La diversification de son portefeuille est le second point à ne pas négliger, en variant zones géographiques, secteurs d'activités et classes d'actifs.
Passons au concret en construisant ensemble un exemple de portefeuille « anti-crise » (ou anti-fragile), ajustable à votre profil d'investisseur. Bien entendu, atteindre une telle diversification peut prendre des années, l'objectif est de s'y orienter progressivement.

Comme évoqué dans le point précédent, on commence par établir notre base sécuritaire avec 30% d'actifs stables : 10% de liquidités en guise de fonds d'urgence, et 20% en placements sécurisés à faible volatilité, comme : les obligations d'état, les fonds euros ou un ETF répliquant l'indice ESTER, pour assurer sécurité et rendement minimal.
➡️ Sur PEA, il existe par exemple l'ETF Amundi PEA Euro Court Terme (FR0013346681), qui réplique l'indice Solactive ESTR.
Pour faire simple, il s'agit d'un placement sécurisé dont le rendement est similaire au taux de la BCE, au jour le jour. Il constitue une alternative aux fonds euros pour vos liquidités, tout en profitant des avantages du PEA.
Pour la croissance à long terme, nous consacrons 30% à la bourse mondiale, grâce à plusieurs ETF :
- Un ETF Monde à 90% tel que l'iShares MSCI World éligible au PEA.
- Complété de 10% d'ETF Amundi MSCI Emerging Markets.
Si vous souhaitez réduire l'exposition américaine, vous pouvez augmenter le poids européen en intégrant un ETF supplémentaire : le BNP Stoxx Europe 600.
✅ Cette diversification géographique apporte naturellement une meilleure répartition sectorielle, moins axée sur la technologie américaine.
Pour la part d'actifs alternatifs, l'OR constitue la valeur refuge par excellence, que l'on intègre à 10%. Sur un an seulement, son cours s'est déjà apprécié de 50%, dépassant pour la première fois les 90 000 euros le kilo. Il est possible de s'en procurer physiquement sous forme de pièces, de lingots, ou via des ETF.
En parallèle, je conserve ma position modérée de 5% en Bitcoin, qui malgré sa forte volatilité, présente des caractéristiques de protection contre l'instabilité monétaire.
Enfin, les 25% restants sont consacrés à l'immobilier sous différentes formes : physique, SCPI ou crowdfunding. Cette dernière option permet d'investir dans des projets immobiliers avec un ticket d'entrée accessible à tous les budgets, sans aucune gestion locative.
➡️ Notre portefeuille anti-crise est désormais complet, il offre une protection multi-niveaux avec 30% d'actifs sécuritaires, 15% d'actifs refuges, et 55% d'actifs productifs diversifiés géographiquement.
En partant de cet exemple, l'objectif est de vous construire progressivement un patrimoine suffisamment diversifié pour ne pas subir pleinement l'impact du prochain krach, tout en conservant un potentiel de croissance.
3. Adopter une stratégie prudente
Le troisième point en période d'incertitude est d'adapter sa stratégie d'investissement.
➡️Deux stratégies sont recommandée au détriment du Lump Sum. La première est le DCA, qui permet de lisser ses points d'entrée et réduire l'impact de la volatilité.
Et la seconde est le Value Averaging, une variante du DCA qui consiste à augmenter ses investissements lors des baisses et les réduire pendant les hausses. En période d'incertitude, cette méthode transforme la volatilité en avantage en nous poussant à acheter plus pendant les paniques et moins durant les phases d'euphorie.

✅ Plusieurs études démontrent d'ailleurs que le VA permet généralement d’obtenir une meilleure rentabilité, ainsi qu'un prix de revient unitaire inférieur au DCA.
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➡️ Lump Sum vs DCA : quelle stratégie est la meilleure en bourse ?
Pour ma part, c'est la stratégie que j'adopte, car elle permet de tirer parti des fluctuations du marché plutôt que de les subir, bien qu'elle demande un peu plus d'attention que le DCA classique.
Toujours dans une approche prudente, je privilégie évidemment les ETF diversifiés plutôt que les actions individuelles. Le stock picking, malgré son potentiel de surperformance, expose au même risque de concentration que l'on a évoqué en introduction.
Enfin, dernier point concernant l'approche prudente : j'évite tout effet de levier durant cette période, car si un krach de 30% peut être absorbé, le même avec un levier x2 se transforme en une perte de 60%, bien plus difficile à surmonter. Il faudrait ensuite une hausse de 150% pour revenir à son capital de départ.
4. Maîtriser sa discipline et sa psychologie
En période de krach, la discipline et la maîtrise psychologique font parties des principales difficultés.
Le plus dur est de ne pas céder à la panique et être conscient que la probabilité de perte diminue sur le long terme. Elle est d'environ 27% sur 1 an, mais se réduit significativement au fil des années, jusqu'à tendre vers zéro sur plusieurs décennies.

Sur 40 ans, la bourse a connu une correction de 10% presque chaque année, de 20% tous les 3 à 5 ans, et de 30% ou plus tous les 8 à 10 ans. Ces baisses sont simplement le prix à payer pour profiter de la croissance économique à long terme.
➡️ De plus, des études comportementales montrent qu'une perte fait psychologiquement deux fois plus mal qu'un gain équivalent ne fait plaisir. Cette asymétrie pousse à des comportements contre-productifs, comme vendre au plus bas par peur, et racheter au plus haut par FOMO.
L'objectif est donc d'établir son plan d'investissement et s'y engager, même dans la tourmente, afin d'éviter toutes décisions impulsives dictées par ses émotions. Ne pas céder à ce biais est primordial pour traverser les krachs.
✅ La bonne nouvelle est que derrière chaque krach se cache les meilleures opportunités d'investissement. Historiquement, les rendements les plus élevés ont toujours suivis les plus fortes baisses. Maîtriser ces 4 points essentiels permet non seulement de traverser la crise mais de la transformer en véritable opportunité.
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