Fiscalité de l'assurance-vie : rachat, abattement, succession
Guide complet de la fiscalité de l'assurance-vie en 2026 : tableau d'imposition des rachats avant et après 8 ans, abattements, prélèvements sociaux, transmission et succession avant et après 70 ans.
Publié le
Sommaire ➡️
Cet article en vidéo :
⚠️ Avertissement
Contenu strictement éducatif. Ces informations ne constituent pas des conseils fiscaux ou personnalisés. Nous ne sommes pas fiscalistes. Vous êtes seul responsable de vos décisions et de vos démarches déclaratives. En cas de doute, consultez un professionnel.
Imposition avant et après 8 ans
L'assurance-vie est une enveloppe capitalisante : les gains s'accumulent sans frottement fiscal tant qu'on ne retire pas, ce qui permet de profiter pleinement des intérêts composés. L'imposition ne se déclenche qu'au moment d'un rachat (retrait partiel ou total), et elle ne porte que sur la part de gains contenue dans le rachat, jamais sur le capital versé.
| Critère | AVANT 8 ans | APRÈS 8 ans |
|---|---|---|
| Abattement annuel | Aucun | ✅ 4 600 € (célibataire) / 9 200 € (marié ou pacsé) |
| IR (< 150K€ versés) | 12,8% | ✅ 7,5% |
| IR (≥ 150K€ versés) | 12,8% | 12,8% au-delà de 150K€ |
| Prélèvements sociaux | 17,2% | 17,2% |
| Total (< 150K€) | 30% | 24,7% (après abattement) |
| Alternative | Barème IR (si TMI < 12,8%) | Barème IR (si TMI < 12,8%) |
Seuls les gains sont imposés :
C'est le point le plus important à comprendre. Quand vous effectuez un rachat de 10 000 € sur un contrat qui contient 80% de capital versé et 20% de gains, seuls 2 000 € (la part de gains) sont soumis à l'impôt. Le reste, c'est votre argent qui vous revient sans taxation. Cette proportion est calculée automatiquement par l'assureur au moment du rachat.
Un rachat partiel ne clôture pas le contrat. Vous conservez l'ancienneté fiscale, ce qui est essentiel pour profiter des avantages après 8 ans. Seul un rachat total met fin au contrat.
Avant 8 ans :
Les gains sont soumis au PFU (prélèvement forfaitaire unique) de 30% : 12,8% d'impôt sur le revenu + 17,2% de prélèvements sociaux. C'est le régime par défaut. L'intérêt d'attendre 8 ans est clair : pas d'abattement et un taux plein sur les gains.
Cela dit, un rachat avant 8 ans n'est pas catastrophique. Si votre contrat contient peu de gains par rapport au capital versé (ce qui est souvent le cas les premières années), la part imposable reste faible.
Après 8 ans :
C'est là que l'assurance-vie prend tout son intérêt fiscal. Vous bénéficiez d'un abattement annuel de 4 600 € sur les gains pour une personne seule, ou 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Concrètement, chaque année, vous pouvez retirer une part de votre contrat dont les gains n'excèdent pas ce montant sans payer aucun impôt sur le revenu (les prélèvements sociaux de 17,2% restent dus).
Au-delà de l'abattement, le taux d'imposition dépend du montant total des versements effectués sur l'ensemble de vos contrats d'assurance-vie. Si ce montant est inférieur à 150 000 €, les gains sont taxés à 7,5% (+ 17,2% de PS, soit 24,7% au total). Au-delà de 150 000 € de versements, le taux passe à 12,8% sur la fraction excédentaire (+ 17,2% de PS, soit 30%).
PFU ou barème de l'impôt sur le revenu :
Le PFU (flat tax) s'applique par défaut, mais vous pouvez opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu si c'est plus avantageux pour vous. C'est notamment le cas si votre taux marginal d'imposition (TMI) est inférieur à 12,8%, typiquement pour les contribuables non imposables ou dans la tranche à 11%.
⚠️ Attention : cette option est globale. Elle s'applique alors à tous vos revenus de capitaux mobiliers de l'année, pas seulement à l'assurance-vie.
Prélèvements sociaux (17,2%) :
Les prélèvements sociaux de 17,2% s'appliquent dans tous les cas sur les gains, quelle que soit la durée de détention. Ils ne bénéficient pas de l'abattement après 8 ans. Point important : sur le fonds euros, les prélèvements sociaux sont prélevés chaque année par l'assureur au moment du versement des intérêts. Sur les unités de compte, ils ne sont prélevés qu'au moment du rachat.
✅ Bonne nouvelle en 2026 : l'assurance-vie est explicitement exclue de la hausse de CSG votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale 2026. Alors que les prélèvements sociaux passent de 17,2% à 18,6% sur de nombreux placements (PEA, compte-titres, PER, épargne salariale), l'assurance-vie conserve son taux de 17,2%. La flat tax sur un CTO passe ainsi à 31,4% contre 30% auparavant, ce qui renforce encore l'avantage fiscal de l'assurance-vie par rapport au compte-titres.
Exonérations d'impôt sur le revenu :
Dans certaines situations exceptionnelles, les gains d'un rachat sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu (mais pas des prélèvements sociaux). C'est le cas en cas de licenciement, mise en retraite anticipée, invalidité de 2e ou 3e catégorie, ou liquidation judiciaire, que ce soit pour le souscripteur ou son conjoint/partenaire de PACS. Le rachat doit intervenir avant la fin de l'année qui suit l'événement.
➡️ Erreurs courantes à éviter : attendre d'avoir besoin de son contrat pour l'ouvrir (l'ancienneté fiscale court dès la souscription), et faire un rachat total au lieu de rachats partiels (un rachat total clôture le contrat et vous fait perdre toute l'ancienneté accumulée).
✅ Bonnes pratiques : ouvrir son contrat le plus tôt possible pour prendre date, même avec un petit versement initial. Et étaler ses rachats sur plusieurs années après 8 ans pour utiliser l'abattement annuel de 4 600 € / 9 200 € à chaque exercice fiscal.
À voir aussi :
➡️ Assurance-vie : Guide débutant
Transmission et bénéficiaires : un avantage majeur
C'est le deuxième grand atout fiscal de l'assurance-vie : en cas de décès, les capitaux sont transmis aux bénéficiaires désignés dans des conditions fiscales très avantageuses, en dehors de la succession classique. Mais le régime applicable dépend d'un critère clé : l'âge du souscripteur au moment des versements.
| Critère | Versements AVANT 70 ans | Versements APRÈS 70 ans |
|---|---|---|
| Article du CGI | 990 I | 757 B |
| Abattement | 152 500 € par bénéficiaire | 30 500 € global (tous bénéficiaires, tous contrats) |
| Assiette taxable | Capital + gains transmis | Primes versées uniquement (gains exonérés) |
| Taxation au-delà | 20% puis 31,25% | Barème des droits de succession |
| Conjoint / PACS | ✅ Exonéré totalement | ✅ Exonéré totalement |
Versements effectués avant 70 ans (article 990 I du CGI) :
C'est le cadre le plus favorable. Chaque bénéficiaire désigné au contrat bénéficie d'un abattement de 152 500 € sur les sommes reçues (capital + gains). Cet abattement s'applique par bénéficiaire et par souscripteur, tous contrats confondus.
Au-delà de cet abattement, la taxation est la suivante : 20% de 152 500 € à 852 500 € par bénéficiaire, puis 31,25% au-delà de 852 500 €. C'est bien plus favorable que le barème classique des droits de succession, surtout pour les bénéficiaires qui ne sont pas des héritiers directs.
Le conjoint survivant ou le partenaire de PACS est totalement exonéré, sans plafond. C'est un point souvent oublié mais essentiel : quelle que soit la somme transmise, le conjoint ne paie rien.
➡️ Exemple concret : vous désignez vos 3 enfants comme bénéficiaires. Vous pouvez leur transmettre jusqu'à 457 500 € (3 × 152 500 €) en totale franchise d'impôt, hors succession. Et ces abattements se cumulent avec les abattements classiques de 100 000 € par enfant en matière de succession.
Versements effectués après 70 ans (article 757 B du CGI) :
Le régime change significativement. Un abattement de 30 500 € s'applique sur les primes versées après 70 ans, mais attention : cet abattement est global. Il est partagé entre tous les bénéficiaires et tous les contrats du souscripteur. Au-delà, les primes versées sont soumises aux droits de succession selon le barème classique (en fonction du lien de parenté).
✅ Point positif à retenir : les gains générés par les versements effectués après 70 ans sont totalement exonérés de droits de succession. Seules les primes versées sont taxées, pas les intérêts. Si le contrat génère de la performance sur plusieurs années, cette exonération des gains peut représenter un avantage significatif.
Le conjoint survivant et le partenaire de PACS restent totalement exonérés, comme pour les versements avant 70 ans.
La clause bénéficiaire : ne la négligez pas :
Tout l'avantage fiscal de la transmission repose sur la clause bénéficiaire. Une clause mal rédigée (ou trop générique comme "mes héritiers") peut réduire voire annuler les bénéfices fiscaux. Quelques bonnes pratiques : désignez nommément vos bénéficiaires, prévoyez des bénéficiaires de second rang en cas de prédécès, et pensez à mettre à jour la clause après chaque événement familial (mariage, divorce, naissance).
➡️ Stratégie à retenir : en multipliant les bénéficiaires, vous multipliez les abattements de 152 500 €. Avec 4 bénéficiaires, c'est jusqu'à 610 000 € qui peuvent être transmis en totale franchise de droits sur les versements effectués avant 70 ans.
➡️ Erreurs courantes à éviter : ignorer la clause bénéficiaire (sans bénéficiaire désigné, les capitaux réintègrent la succession classique), et ne pas mettre à jour la clause après un événement familial.
✅ Bonnes pratiques : désigner précisément ses bénéficiaires (nommément, avec date de naissance) et prévoir des bénéficiaires de second rang. Privilégier les versements avant 70 ans pour profiter de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire.
⚠️ Avertissement
Les informations présentées dans cet article sont à caractère pédagogique et ne constituent en aucun cas un conseil fiscal personnalisé. La fiscalité de l'assurance-vie peut varier selon la date de souscription du contrat, la date des versements et la situation personnelle du souscripteur. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision.
À voir aussi :
➡️ Linxea Spirit 2 ou Avenir 2 ? Liste des supports et ETF
➡️ Donation de titres à ses enfants sur CTO