Value Averaging : comment fonctionne la stratégie du DCA amélioré ?
Entre incertitudes et extrême volatilité des marchés, quel meilleur contexte qu'aujourd'hui pour vous parler du Value Averaging : la stratégie de DCA optimisé qui permet de tirer profit de la volatilité actuelle.
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Paul Marshall, chercheur en sciences financières, a publié en 2000 une étude complète comparant trois stratégies. Le DCA, l'investissement aléatoire et le Value Averaging qui consiste à ajuster ses investissements en fonction de l'évolution du marché : investir davantage quand les prix baissent et moins quand ils montent.
➡️ Ses conclusions sont sans appel : le Value Averaging est plus performant que le DCA dans 73% des simulations, et ce chiffre monte à 87% dans des conditions de forte volatilité. Ses résultats se basent sur 500 simulations différentes dans des conditions de forte volatilité et d'horizon long terme, avec un rendement jusqu'à 9% supérieur sur une période de 5 ans.
Alors que les marchés subissent actuellement de très fortes turbulences, cette stratégie pourrait s'avérer la meilleure pour ceux qui disposent de liquidités à investir sur un horizon long terme.
J'ai examiné pour vous cette étude et je vous explique de manière simple comment fonctionne le VA, en confrontant ses avantages et limites face au DCA classique.
Commençons par examiner ces deux stratégies, en comparant leurs différences fondamentales.
➡️ Le Dollar Cost Averaging est l'approche d'investissement régulier la plus simple et répandu : On investit une somme fixe à intervalles réguliers, tous les premiers du mois par exemple. Cette somme reste identique quelle que soit l'évolution du marché. On achète donc mécaniquement plus d'actions quand les prix sont bas, et moins quand ils sont élevés. Le DCA est populaire car, en plus d'être simple, il s'adapte parfaitement aux personnes souhaitant s'imposer une discipline d'investissement régulier, basée sur leurs revenus mensuels.
➡️ Le Value Averaging est une approche plus sophistiquée et adaptative. Au lieu de fixer une somme à investir, on détermine d'avance la valeur visée de notre portefeuille à chaque période. Par exemple, on se fixe un objectif d'augmenter notre portefeuille de 1000€ par mois. On ajuste ensuite nos investissements pour atteindre exactement ce montant visé. Si le marché baisse, on investit davantage pour compenser. Si le marché monte, on investit moins.
Selon l'étude, dans les marchés volatils et sur une période de 5 ans, le VA génère un rendement supérieur de 9% par rapport au DCA. Sur des périodes plus courtes et dans des conditions normales, ce rendement est 1,5% supérieur, puis il maintient un léger avantage de 0,5% dans des conditions peu volatiles, à court terme. C'est donc clairement en forte volatilité qu'il est possible de bénéficier pleinement du Value Averaging.
Pour mieux comprendre, prenons un exemple concret de la méthodologie à adopter. Imaginons que nous souhaitons investir dans un ETF Monde avec un objectif d'augmenter la valeur de notre portefeuille de 1000€ par mois.

➡️ Au 1er mois, l'ETF vaut 100€ la part. On investit donc 1000€ pour valoriser notre portefeuille à 1000€.
➡️ Au 2ème mois, l'ETF a pris de la valeur et monte à 120€. Notre portefeuille vaut désormais 1200€. Notre objectif étant d'atteindre 2000€ de valorisation, nous n'avons besoin d'investir que 800€ ce mois-ci.
➡️ Au 3ème mois, mauvaise nouvelle : l'ETF chute à 80€. Notre portefeuille ne vaut plus que 1333€. Notre objectif étant de 3000€, nous devons investir 1667€ ce mois-ci, soit beaucoup plus que d'habitude.
➡️ Enfin, au 4ème mois, l'ETF remonte à 100€. Notre portefeuille vaut maintenant 3750€. Notre objectif étant de 4000€, nous n'avons besoin d'investir que 250€ supplémentaires.
Afin de mieux visualiser, le graphique complémentaire ci-dessous représente les montants investis dans les deux stratégies chaque mois. Lorsqu'on y superpose l'évolution du prix de l'ETF (en rouge), on constate clairement que le Value Averaging, nous fait automatiquement investir davantage pendant les baisses et moins pendant les hausses, maximisant ainsi l'effet d'achat à prix réduit.

Dans cet exemple, nous avons acquis nos parts à un prix moyen de 92,4€ avec le VA, contre 97,3€ avec un DCA classique, soit une différence de 5%. C'est justement cette différence de prix d'achat qui explique le rendement supérieur, du Value Averaging, jusqu'à 9% sur 5 ans en période de forte volatilité. C'est pour cela que le Value Averaging est considéré pour beaucoup comme un DCA amélioré.
Maintenant que nous avons vu comment fonctionne le Value Averaging, examinons ses points forts et ses faiblesses.

Comme démontré dans notre exemple, le VA permet d'obtenir mécaniquement et systématiquement un prix de revient unitaire inférieur au DCA. L'étude de Marshall montre ensuite une performance jusqu'à 9% supérieure dans les marchés volatils à long terme, et entre 0,5% et 1,5% dans toutes autres conditions.
✅ Autrement dit, plus le marché fluctue et plus le VA surperforme (dans 86,8% des cas en forte volatilité).
De même, plus l'horizon d'investissement est étendu, plus son efficacité progresse. Enfin, le VA réduit l'impact émotionnel sur nos décisions, car il est plus rationnel d'acheter davantage lorsque les prix sont attractifs, contrairement au DCA qui impose d'acheter autant, même si les prix sont élevés.
Le Value Averaging n'est toutefois pas sans inconvénients, le premier d'entre eux est sa complexité de mise en œuvre sur le long terme et la discipline qu'il impose. La méthode nécessite un suivi et des calculs réguliers pour déterminer les montants à investir. Elle implique aussi une réserve de liquidités, permettant d'investir davantage lors des baisses significatives. Psychologiquement, elle peut représenter un défi : investir des sommes conséquentes pendant les périodes de crise ou d'incertitude. Enfin, par son fonctionnement, elle est moins adaptée à l'épargne mensuelle basée sur des revenus stables, et fonctionne mieux avec une somme initiale importante à placer progressivement.
Voyons désormais quand et à quel profil d'investisseur s'adapte cette méthode. Pour répondre au quand, c'est en contexte de forte volatilité, comme celui que nous connaissons actuellement, qu'elle est la plus recommandée.
✅ Cette approche est ensuite particulièrement adaptée aux investisseurs qui disposent de liquidités importantes à investir, car elles seront nécessaires pour augmenter l'investissement lors des baisses de marché. Elle peut tout de même s'appliquer à des revenus et de l'épargne mensuelle, mais les liquidités restent nécessaires pour maintenir la stratégie dans le temps.
Concernant l'horizon, il doit être long terme (3-5 ans minimum), permettant à la stratégie d'optimiser pleinement son efficacité. Dans l'étude de Marshall, les simulations ont été réalisées sur un horizon de 5 ans. Enfin, le VA s'adresse à ceux capables de supporter psychologiquement d'investir davantage pendant les périodes de crise ou d'incertitude.
En revanche, c'est moins adapté pour ceux qui investissent à partir de leur épargne mensuelle, sans liquidités de côté, ainsi que ceux qui préfèrent une approche "automatique" sans calculs réguliers.
Le Value Averaging constitue ainsi une alternative optimisée au DCA, plus performante dans la majorité des cas, notamment en période de forte volatilité. Bien qu'elle exige plus de rigueur et de liquidités, elle peut transformer les baisses de marché en véritables opportunités, surtout pour les investisseurs à long terme. La réussite de cette stratégie repose donc entièrement sur la discipline et la patience.
➡️ Ses conclusions sont sans appel : le Value Averaging est plus performant que le DCA dans 73% des simulations, et ce chiffre monte à 87% dans des conditions de forte volatilité. Ses résultats se basent sur 500 simulations différentes dans des conditions de forte volatilité et d'horizon long terme, avec un rendement jusqu'à 9% supérieur sur une période de 5 ans.
Alors que les marchés subissent actuellement de très fortes turbulences, cette stratégie pourrait s'avérer la meilleure pour ceux qui disposent de liquidités à investir sur un horizon long terme.
⚠️Avertissement :
Bien entendu, ce sont les approches que j'applique personnellement, investir comporte des risques de perte de capital et ce contenu ne constitue en aucun cas un conseil en investissement.
Cet article en vidéo :
J'ai examiné pour vous cette étude et je vous explique de manière simple comment fonctionne le VA, en confrontant ses avantages et limites face au DCA classique.
Value Averaging vs DCA :
Commençons par examiner ces deux stratégies, en comparant leurs différences fondamentales.
➡️ Le Dollar Cost Averaging est l'approche d'investissement régulier la plus simple et répandu : On investit une somme fixe à intervalles réguliers, tous les premiers du mois par exemple. Cette somme reste identique quelle que soit l'évolution du marché. On achète donc mécaniquement plus d'actions quand les prix sont bas, et moins quand ils sont élevés. Le DCA est populaire car, en plus d'être simple, il s'adapte parfaitement aux personnes souhaitant s'imposer une discipline d'investissement régulier, basée sur leurs revenus mensuels.
➡️ Le Value Averaging est une approche plus sophistiquée et adaptative. Au lieu de fixer une somme à investir, on détermine d'avance la valeur visée de notre portefeuille à chaque période. Par exemple, on se fixe un objectif d'augmenter notre portefeuille de 1000€ par mois. On ajuste ensuite nos investissements pour atteindre exactement ce montant visé. Si le marché baisse, on investit davantage pour compenser. Si le marché monte, on investit moins.
Selon l'étude, dans les marchés volatils et sur une période de 5 ans, le VA génère un rendement supérieur de 9% par rapport au DCA. Sur des périodes plus courtes et dans des conditions normales, ce rendement est 1,5% supérieur, puis il maintient un léger avantage de 0,5% dans des conditions peu volatiles, à court terme. C'est donc clairement en forte volatilité qu'il est possible de bénéficier pleinement du Value Averaging.
À voir aussi :
➡️ Lump Sum vs DCA : quelle stratégie est la meilleure en bourse ?
Méthodologie : comment fonctionne le Value Averaging ?
Pour mieux comprendre, prenons un exemple concret de la méthodologie à adopter. Imaginons que nous souhaitons investir dans un ETF Monde avec un objectif d'augmenter la valeur de notre portefeuille de 1000€ par mois.

➡️ Au 1er mois, l'ETF vaut 100€ la part. On investit donc 1000€ pour valoriser notre portefeuille à 1000€.
➡️ Au 2ème mois, l'ETF a pris de la valeur et monte à 120€. Notre portefeuille vaut désormais 1200€. Notre objectif étant d'atteindre 2000€ de valorisation, nous n'avons besoin d'investir que 800€ ce mois-ci.
➡️ Au 3ème mois, mauvaise nouvelle : l'ETF chute à 80€. Notre portefeuille ne vaut plus que 1333€. Notre objectif étant de 3000€, nous devons investir 1667€ ce mois-ci, soit beaucoup plus que d'habitude.
➡️ Enfin, au 4ème mois, l'ETF remonte à 100€. Notre portefeuille vaut maintenant 3750€. Notre objectif étant de 4000€, nous n'avons besoin d'investir que 250€ supplémentaires.
Afin de mieux visualiser, le graphique complémentaire ci-dessous représente les montants investis dans les deux stratégies chaque mois. Lorsqu'on y superpose l'évolution du prix de l'ETF (en rouge), on constate clairement que le Value Averaging, nous fait automatiquement investir davantage pendant les baisses et moins pendant les hausses, maximisant ainsi l'effet d'achat à prix réduit.

Dans cet exemple, nous avons acquis nos parts à un prix moyen de 92,4€ avec le VA, contre 97,3€ avec un DCA classique, soit une différence de 5%. C'est justement cette différence de prix d'achat qui explique le rendement supérieur, du Value Averaging, jusqu'à 9% sur 5 ans en période de forte volatilité. C'est pour cela que le Value Averaging est considéré pour beaucoup comme un DCA amélioré.
À voir aussi :
➡️ Comment investir en bourse ? (guide débutant)
Avantages et inconvénients du Value Averaging :
Maintenant que nous avons vu comment fonctionne le Value Averaging, examinons ses points forts et ses faiblesses.

Avantages :
Comme démontré dans notre exemple, le VA permet d'obtenir mécaniquement et systématiquement un prix de revient unitaire inférieur au DCA. L'étude de Marshall montre ensuite une performance jusqu'à 9% supérieure dans les marchés volatils à long terme, et entre 0,5% et 1,5% dans toutes autres conditions.
✅ Autrement dit, plus le marché fluctue et plus le VA surperforme (dans 86,8% des cas en forte volatilité).
De même, plus l'horizon d'investissement est étendu, plus son efficacité progresse. Enfin, le VA réduit l'impact émotionnel sur nos décisions, car il est plus rationnel d'acheter davantage lorsque les prix sont attractifs, contrairement au DCA qui impose d'acheter autant, même si les prix sont élevés.
Inconvénients :
Le Value Averaging n'est toutefois pas sans inconvénients, le premier d'entre eux est sa complexité de mise en œuvre sur le long terme et la discipline qu'il impose. La méthode nécessite un suivi et des calculs réguliers pour déterminer les montants à investir. Elle implique aussi une réserve de liquidités, permettant d'investir davantage lors des baisses significatives. Psychologiquement, elle peut représenter un défi : investir des sommes conséquentes pendant les périodes de crise ou d'incertitude. Enfin, par son fonctionnement, elle est moins adaptée à l'épargne mensuelle basée sur des revenus stables, et fonctionne mieux avec une somme initiale importante à placer progressivement.
Quand utiliser le Value Averaging ?
Voyons désormais quand et à quel profil d'investisseur s'adapte cette méthode. Pour répondre au quand, c'est en contexte de forte volatilité, comme celui que nous connaissons actuellement, qu'elle est la plus recommandée.
✅ Cette approche est ensuite particulièrement adaptée aux investisseurs qui disposent de liquidités importantes à investir, car elles seront nécessaires pour augmenter l'investissement lors des baisses de marché. Elle peut tout de même s'appliquer à des revenus et de l'épargne mensuelle, mais les liquidités restent nécessaires pour maintenir la stratégie dans le temps.
Concernant l'horizon, il doit être long terme (3-5 ans minimum), permettant à la stratégie d'optimiser pleinement son efficacité. Dans l'étude de Marshall, les simulations ont été réalisées sur un horizon de 5 ans. Enfin, le VA s'adresse à ceux capables de supporter psychologiquement d'investir davantage pendant les périodes de crise ou d'incertitude.
En revanche, c'est moins adapté pour ceux qui investissent à partir de leur épargne mensuelle, sans liquidités de côté, ainsi que ceux qui préfèrent une approche "automatique" sans calculs réguliers.
Le Value Averaging constitue ainsi une alternative optimisée au DCA, plus performante dans la majorité des cas, notamment en période de forte volatilité. Bien qu'elle exige plus de rigueur et de liquidités, elle peut transformer les baisses de marché en véritables opportunités, surtout pour les investisseurs à long terme. La réussite de cette stratégie repose donc entièrement sur la discipline et la patience.
À voir aussi :
➡️ 3 exemples de portefeuilles ETF PEA