ETF vs Stock Picking : peut-on vraiment battre le marché ?

ETF ou stock picking : peut-on vraiment battre le marché sur le long terme ? Ce que disent les études SPIVA et Bessembinder, les vraies causes de sous-performance, et les 3 profils d'investisseur pour trouver le bon équilibre.

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ETF vs Stock Picking : peut-on vraiment battre le marché ?

Sommaire ➡️


ETF ou stock picking : le comparatif


CritèreETF (gestion passive)Stock picking (gestion active)
ObjectifAcheter tout le marché d'un coupChoisir soi-même ses entreprises
DiversificationImmédiateLimitée aux titres choisis
RisqueDilué selon l'indiceConcentré sur quelques valeurs
SimplicitéSimple, automatisable et rapideSélection, suivi et temps requis
Performance viséeCelle de l'indice (S&P 500, Nasdaq-100, MSCI World)Faire mieux, ou moins bien, que le marché
FraisFrais courants + frais de transaction (environ 0,05% à 0,30%/an)Frais de transaction uniquement
ContrôleFaibleTotal
Profil typeTous les profils, pour une exposition simpleInvestisseur impliqué, guidé par ses convictions

Comparatif synthétique des deux approches. Frais indiqués à titre indicatif, variables selon les ETF et les courtiers.


D'un côté, l'ETF permet d'acheter tout le marché d'un coup et de profiter d'une diversification immédiate, parfois sur des centaines d'entreprises, avec un risque dilué entre elles. C'est simple, automatisable, et cela demande très peu de temps une fois ses ETF choisis.

De l'autre, le stock picking consiste à choisir soi-même ses valeurs. La diversification se limite alors aux titres sélectionnés, ce qui implique à la fois une sélection et un suivi : de la recherche, de la surveillance et du temps, avec un risque cette fois concentré sur quelques lignes.

Ce sont deux logiques opposées, mais qui peuvent parfaitement cohabiter dans un même portefeuille. Toute la question est de savoir dans quelle proportion, et c'est justement ce que nous allons voir.

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Le stock picking bat-il le marché ?


Pour trancher, commençons par regarder les limites, parfois controversées, du stock picking.

➡️ L'étude de référence, c'est SPIVA, menée chaque année par S&P Global. Elle mesure combien de fonds actifs parviennent réellement à battre leur indice. Le constat est sévère : environ 90% des fonds, soit 9 sur 10, sous-performent le S&P 500 sur les 15 dernières années.

Étude SPIVA sous-performance des fonds actifs face au S&P 500

Du côté européen, c'est encore plus marqué : près de 97% des fonds sont battus par leur indice sur 10 ans.

Étude SPIVA Europe fonds actifs battus par leur indice

Pire encore, les rares fonds gagnants une année ne le restent presque jamais l'année suivante. Parmi les fonds classés dans le top quartile en 2020, aucun ne s'y est maintenu les quatre années suivantes. Une persistance si rare qu'elle frôle le simple hasard.

Et même les mieux armés s'y cassent les dents : les fonds gérés par BlackRock font en moyenne moins bien que ses propres ETF. On peut au moins en déduire que ni l'information, ni les moyens ne suffisent à dominer les marchés.

➡️ Cela dit, je reste nuancée : Utiliser SPIVA comme argument massue contre la gestion active est discuté chez les particuliers. L'étude porte sur des fonds professionnels, avec leurs propres conflits d'intérêts, des frais de gestion parfois élevés et des contraintes qui les empêchent de vraiment s'écarter de l'indice. Autant de handicaps qu'un particulier n'a pas. Sans oublier que SPIVA est publié par S&P, qui vend justement ses indices aux émetteurs d'ETF.

✅ Ces contre-arguments me semblent fondés. Mais l'étude montre tout de même l'essentiel : la difficulté à battre le marché, même pour les meilleurs, et surtout à long terme. Car surperformer sur deux ou trois ans en marché haussier est une chose. Le faire sur plusieurs cycles, sur un horizon de 15 à 20 ans, en est une autre.

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Pourquoi le stock picking sous-performe


Au-delà de SPIVA, le stock picking en lui-même n'est pas le premier responsable de la sous-performance. Acheter Google, Nvidia ou Apple et les conserver à moyen-long terme selon ses convictions n'a rien de dramatique en soi. Le vrai problème vient d'ailleurs : d'abord des biais comportementaux, ensuite d'une limite structurelle.

Des causes d'abord comportementales


C'est particulièrement vrai en day-trading, ou en sur-trading. À force d'acheter, de vendre puis de racheter en permanence, on multiplie les décisions, et donc les occasions de se tromper, tout en accumulant les frais et en n'étant jamais investi en continu.

⚠️ Un véritable cercle vicieux s'installe : plus on est actif, plus on prend de décisions, plus on expose ses biais cognitifs, et plus on commet d'erreurs que l'on cherche ensuite à rattraper en étant encore plus actif.

Risque du stock picking et gestion passive en bourse

Concrètement, les principales causes de sous-performance liées à une gestion trop active sont les suivantes :

  • La multiplication des décisions, donc des occasions de se tromper
  • L'accumulation des frais de transaction
  • Le market timing, rarement gagnant dans la durée
  • Les périodes hors marché, qui font rater les meilleurs jours de hausse
  • Les biais cognitifs, amplifiés par l'hyperactivité

➡️ Il faut donc bien distinguer deux choses : le day-trading intensif, qui pousse tous les curseurs à fond (frais, biais, market timing, erreurs), et le stock picking long terme, où l'on choisit quelques convictions que l'on laisse simplement vivre. Le problème n'est donc pas tant le stock picking en lui-même, mais plutôt le niveau d'activité. Et c'est tout aussi valable pour un ETF : tradé tous les jours, il retombe exactement dans les mêmes travers.

Une limite structurelle : la concentration des gagnants


Admettons maintenant une gestion parfaite, patiente et disciplinée. Il reste une difficulté structurelle qu'aucune gestion ne peut effacer : la concentration extrême des gagnants.

L'étude d'Hendrik Bessembinder l'illustre parfaitement. En analysant toutes les actions américaines depuis 1926, il les compare non pas au S&P 500, mais aux bons du Trésor américains, c'est-à-dire au placement sans risque de référence, historiquement bien moins performant. Et le résultat est édifiant.

Étude Bessembinder concentration des gagnants en bourse

Source : Do stocks outperform Treasury Bills ? (Hendrik Bessembinder)


Pourquoi est-il si difficile de battre le marché ?



  • 58% des actions ne parviennent même pas à battre le placement sans risque
  • 38% le battent tout juste
  • 4% des actions, soit un peu plus de 1 000 entreprises sur 26 000, concentrent toute la performance des marchés
  • 0,3% des actions, soit 86 entreprises, génèrent à elles seules la moitié de la richesse créée

Après coup, on se dit qu'il suffit de bien choisir ses titres pour tomber sur ces gagnants et pulvériser le marché. Mais face à 26 000 candidates, les chances d'en attraper quelques-unes, et surtout de les garder 10, 20 ou 30 ans, le temps qu'elles livrent toute leur performance, sont infimes.

✅ C'est toute la conclusion de l'étude : cette concentration joue contre le stock picking, et explique pourquoi les stratégies actives peu diversifiées sous-performent le plus souvent dans la durée.

⚠️ Je reste nuancée : l'étude ne dit pas qu'il est impossible de battre le marché, mais que c'est très peu probable, et que lorsqu'on y parvient, cela tient souvent au talent ou à la chance. Bessembinder en conclut que, pour la plupart des investisseurs, mieux vaut un portefeuille bien diversifié, qui maximise les chances de détenir certains de ces futurs gagnants. Et je rappelle que tout cela se joue face aux bons du Trésor : face à un ETF S&P 500, on imagine la conclusion.

À cela s'ajoute une vigilance permanente. Une entreprise n'est pas éternelle, elle peut décliner, et il faut savoir en sortir au bon moment, là où l'indice, lui, se renouvelle tout seul. Concentrer son portefeuille sur quelques valeurs, c'est aussi accepter plus de volatilité et de risque, sans espérance de gain supplémentaire en contrepartie. Une seule grosse erreur, comme perdre 50% sur une ligne, peut effacer plusieurs années de performance.

Symboliquement, Warren Buffett, le plus grand stock picker de notre époque, recommande lui-même à la majorité des particuliers, et même à sa femme pour son héritage, d'investir tout simplement dans un ETF S&P 500.

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Le stock picking est-il une erreur ?


Est-ce une erreur, pour autant, de faire du stock picking ? Pas forcément. Non pas parce qu'on pourrait battre le marché, mais parce que tout est question de profil, d'objectif, de proportion et de cadre.

On l'a vu, en évitant une gestion trop active, on s'épargne déjà une bonne partie des erreurs évitables. Reste la difficulté structurelle, celle qu'on ne peut pas effacer, mais que l'on peut contenir en la limitant à une petite part du portefeuille. Une ou deux convictions fortes, tenues sur le moyen-long terme, sur 5% de son portefeuille par exemple, ne plomberont pas l'ensemble en cas de sous-performance. Le risque reste maîtrisé, sur une petite part assumée. Le vrai danger serait l'inverse : un pari disproportionné couplé à une gestion trop active.

Il n'y a donc aucune culpabilité à acheter quelques valeurs par conviction, avec une idée claire de sortie. Bien que je sois très ETF, aussi par manque de temps, il m'arrive d'accorder une petite fraction de mon portefeuille à quelques rares convictions, en tenant compte du risque de sous-performance.

➡️ Cela a du sens, notamment pour renforcer un secteur ou une zone sous-représentée dans un indice. Je pense au S&P 500, qui n'intègre que les États-Unis, et dont l'énergie ne pèse que 3%. C'est typiquement le genre de lacune qu'une conviction ciblée peut venir compléter.

Enfin, au-delà des chiffres, le stock picking n'est pas qu'une question de performance pour tout le monde. Je pense à une catégorie d'investisseurs, notamment les retraités ou les personnes sans emploi en attente de la retraite, pour qui la bourse est avant tout un outil, un plaisir et une motivation à suivre l'actualité et à apprendre. Certains sont investis à 100% en stock picking, sur un portefeuille très concentré, en toute connaissance des données défavorables, simplement parce que sans cet aspect, la bourse ne les intéresserait pas. C'est précisément pour cela qu'il faut rester nuancée dans ce débat.

✅ Nous sommes tous différents, avec des profils et des objectifs qui dépassent parfois la simple logique de rendement. Le stock picking peut même être une excellente activité intellectuelle à la retraite : une façon de se générer un complément de revenu tout en gardant l'esprit en éveil, en veillant toujours à ne pas tomber dans une gestion trop active.

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3 profils d'investisseur


Au final, trois profils se distinguent.

3 profils d'investisseur ETF stock picking et hybride

Le premier, le 100% ETF, recherche la simplicité et le meilleur ratio rendement-risque. C'est un profil très adapté à la majorité des investisseurs particuliers, quel que soit leur niveau, et d'autant plus pour ceux qui n'ont aucune vraie conviction et cherchent simplement à s'exposer à la bourse en suivant la performance indicielle.

À l'inverse, le profil 100% stock picking concerne l'investisseur impliqué, voire passionné, qui a du temps à consacrer et assume pleinement la difficulté de l'exercice, donc le risque de sous-performance à long terme, avec une bonne tolérance au risque.

Entre les deux, le profil hybride : un socle ETF complété d'une part mesurée de convictions. Il permet de garder la solidité de l'indice tout en se laissant la liberté de quelques paris, ou de renforcer ce qui manque dans son indice.

Personnellement, je trouve ce profil hybride intéressant pour progresser : on débute en 100% ETF, puis on ajoute une valeur à surveiller, puis éventuellement une deuxième, sans aller trop vite et sur une petite part du portefeuille. L'essentiel est de garder en tête qu'un seul pari gagnant par an, c'est déjà bien, et qu'à l'inverse, vouloir les multiplier génère plus d'erreurs que de gains.

✅ C'est plus ou moins mon profil, même s'il m'arrive d'être 100% ETF pendant de longues périodes, par manque de temps, et pour profiter de cette passivité absolue qu'offrent les ETF. Globalement, même si je penche plutôt du côté des ETF, on en revient toujours à la même conclusion : chaque profil est différent, avec ses propres objectifs et besoins. Il n'y a pas de réponse universelle.

⭐️ Parrainage XTB :
ETF, stock picking ou un mélange des deux : dans tous les cas, il faut un courtier pour passer à l'action. Je passe personnellement par l'offre de bienvenue XTB à l'inscription avec le code FINLABS.

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⚠️ Avertissement
Contenu strictement éducatif. Ces informations ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Vous êtes seul responsable de vos décisions d'investissement. Investir comporte des risques de perte en capital. En cas de doute, consultez un professionnel.

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