PEA ou Assurance-Vie : que choisir en 2026 ? (frais, fiscalité, simulation)

Trois évolutions majeures ont réduit l'écart entre le PEA et l'assurance-vie en 2026, voyons ce que ça change sur les frais, la fiscalité de sortie (retrait), le choix d'ETF et la transmission à travers 4 simulations.

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PEA ou Assurance-Vie : que choisir en 2026 ? (frais, fiscalité, simulation)

Sommaire ➡️


Tableau comparatif : PEA vs Assurance-Vie


Les deux enveloppes fiscales de référence pour investir en France, comparées critère par critère, avec la fiscalité applicable en 2026.

CritèrePEAAssurance-Vie
Actifs
Choix limité
Actions et ETF européens
Très large
ETF mondiaux, or, SCPI, obligations, fonds euros, Private Equity
Plafond
150 000€
Un seul PEA par personne
Versements illimités
Nombre illimité de contrats par personne
Délai optimal
5 ans
Tout retrait avant entraîne la clôture
8 ans
Retrait avant possible, sans clôture
Fiscalité des retraits
18,6%
Sans contrainte de montant retiré
17,2%
Sur 4 600€ de gains par an (9 200€ en couple)
Puis 7,5% jusqu'à 150 000€ de versements
Et 12,8% au-delà
Frais d'enveloppe
Aucun
0,30% à 0,50%+
Transmission
Aucun avantage
Clôture du plan au décès
Hors succession
152 500€ par bénéficiaire avant 70 ans
Le plus concurrentielLogo XTB
0% de frais de transaction
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⚠️ Données indicatives susceptibles d'évoluer. Vérifiez les conditions actuelles auprès des établissements avant souscription.


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Caractéristiques et différences


Le PEA et l'assurance-vie sont avant tout deux enveloppes fiscales, avec des règles du jeu différentes, permettant chacune d'investir sur des supports plus ou moins variés. Le PEA se limite aux actions et aux ETF européens, quand l'assurance-vie va plus loin et s'élargit aux actions et ETF mondiaux, à l'or, aux SCPI, aux fonds euros, aux obligations, ainsi qu'au Private Equity.

Elles partagent surtout un avantage majeur : leur hermétisme fiscal. Concrètement, tant que l'argent reste à l'intérieur, on peut arbitrer librement, acheter ou vendre, sans déclencher le moindre impôt. C'est ce qui les rend si intéressantes pour capitaliser à long terme, et ce qui les distingue du compte-titres.

➡️ Chacune a ses avantages et ses inconvénients : l'objectif n'est donc pas de les opposer, mais de les combiner intelligemment, pour prendre le meilleur de chacune et laisser le reste de côté.

Pour faire simple, le point fort du PEA est l'absence de frais d'enveloppe. Du côté de l'assurance-vie, ces frais sont le prix d'une meilleure flexibilité, d'un univers d'investissement bien plus large, d'un vrai avantage successoral, et même, depuis cette année, d'une meilleure fiscalité sur les premiers retraits.

Or il faut être conscient d'une chose : l'ensemble de ces critères bouge en permanence, ce qui impacte directement la pertinence du PEA ou de l'assurance-vie selon les besoins de chacun. Bien plus qu'on ne le pense d'ailleurs, puisque rien que cette année, je note trois évolutions majeures qui rebattent complètement les cartes.

3 évolutions majeures en 2026


1) La hausse de la CSG de 1,4 point :


La première est l'augmentation de la CSG d'1,4 point, faisant passer les prélèvements sociaux de 17,2 à 18,6%. Le PEA est concerné, mais pas l'assurance-vie, qui a été épargnée. Donc pour la première fois, l'assurance-vie prend 1,4 point d'avance sur la fiscalité de sortie, du moins sur la première partie des retraits.

Ça peut sembler anodin, mais ça révèle quelque chose de bien réel : avec 126 milliards d'euros d'encours seulement, le PEA est une cible fiscale bien moins coûteuse politiquement que l'assurance-vie et ses 2 150 milliards, dont les fonds euros financent une bonne partie de la dette.

➡️ Et plus globalement, historiquement, l'assurance-vie reste l'une des enveloppes les plus stables fiscalement.

2) L'arrivée de vrais ETF indiciels en assurance-vie :


Deuxième évolution : les supports disponibles en assurance-vie se sont démultipliés. Là où les contrats se limitaient autrefois à des fonds maison peu attractifs et chargés en frais, on trouve désormais de vrais ETF indiciels, peu coûteux, dont certains sont même plus avantageux que ceux du PEA.

L'assurance-vie vient donc concurrencer le PEA sur son propre terrain, celui des ETF actions, mais avec des règles en sa faveur : pas de restriction à l'Europe, de la réplication physique (moins coûteuse), donc exactement les mêmes ETF qu'en compte-titres, aux mêmes frais. Et nous verrons que ça suffit parfois déjà à amortir tout ou partie des frais d'enveloppe.

3) L'effondrement des frais de contrat :


La troisième évolution majeure est la chute des frais en assurance-vie. Alors qu'on dépassait souvent les 1% il y a quelques années, couplés à des frais de versement injustifiés qui lui valaient parfois une mauvaise réputation, les meilleurs contrats tombent aujourd'hui à 0,30% seulement, sans frais d'opération, ni même de frais de transaction sur les ETF.

✅ C'était la principale barrière à l'entrée de l'assurance-vie : elle s'atténue drastiquement et devrait continuer de reculer avec la concurrence. Personnellement, je trouve clairement qu'un cap a été franchi cette année.

Le cumul de ces trois évolutions redéfinit donc le débat entre PEA et assurance-vie. Voyons maintenant ce que ça donne dans les faits, à commencer par les frais.

À voir aussi :
➡️ Lucya CNP ou Linxea Spirit 2 : comparatif des meilleures assurances-vie

Les frais


Pour comparer ce qui est comparable, je raisonne sur ce qui se fait de mieux des deux côtés, car c'est justement l'arrivée de ces nouvelles offres qui rend le débat si différent d'avant.

Il existe désormais des PEA à 0% de frais de transaction, comme XTB par exemple. Et côté assurance-vie, ce qui se fait de mieux en termes de frais est le contrat Lucya CNP, tout juste lancé, avec 0,30% sur les unités de compte, 0% de frais de transaction sur les ETF, et également sur les versements et arbitrages.


L'objectif, en prenant ces exemples, est de mettre en évidence l'impact de la diminution des frais des deux enveloppes, qui devrait se poursuivre à l'avenir. Mon raisonnement tient donc pour ces offres ou équivalents : un mauvais contrat d'assurance-vie restera un mauvais contrat, tout comme un PEA blindé de frais en banque traditionnelle.

➡️ Sur ce point, personne n'est contraint de garder un produit désavantageux, bien au contraire.

Le surcoût réel :


À première vue, le surcoût de cette assurance-vie face au PEA est de 0,30% par an. Ce que je trouve déjà relativement bas au regard de ce qu'elle apporte en face. Mais lorsqu'on regarde de plus près, ETF par ETF, ce surcoût s'atténue davantage.

D'un côté je prends les meilleurs ETF disponibles sur PEA, de l'autre leurs meilleurs équivalents sur Lucya CNP. Je reste volontairement sur les ETF, car c'est le seul support à la fois disponible dans les deux enveloppes et soumis à des frais de gestion annuels variables d'un ETF à l'autre.

Comparatif des frais d'ETF entre PEA et assurance-vie

Une première chose saute aux yeux : les ETF sont accessibles moins chers en assurance-vie que sur PEA. Cela s'explique simplement, puisque l'assurance-vie n'est pas restreinte aux critères d'éligibilité du PEA. On accède donc à un marché bien plus concurrentiel, au même titre que sur CTO. Et c'est précisément cet écart qu'il est pertinent de soustraire aux 0,30% de frais du contrat, puisqu'on le récupère ici.

Par exemple, quelqu'un qui achète le MSCI World sur PEA paye 0,08 point de plus qu'en assurance-vie, ce qui ramène théoriquement le coût réel du contrat à 0,22% par an face au PEA. Et c'est à calculer ainsi, au cas par cas, pour chaque ETF. L'assurance-vie nous ferait ainsi récupérer 0,09 point sur un ETF S&P 500, 0,16 sur le MSCI ACWI, et 0,17 sur le Nasdaq-100.

On voit que l'écart est très faible sur l'Euro Stoxx 50, avec 0,04 point seulement, ce qui est logique puisque la zone euro est éligible en réplication physique sur PEA, à frais très bas. Sur les pays émergents et l'Asie, l'écart tourne plutôt autour de 0,10 point.

Là où ça devient très parlant, c'est sur la Chine : on grimpe à 0,30 point d'écart, soit l'équivalent même des frais d'enveloppe. Donc sur cet ETF précis, le coût de l'assurance-vie est totalement amorti.

✅ Mais c'est encore plus flagrant sur l'ETF Inde, relativement cher sur PEA, avec 0,66 point d'écart. Sur cet exemple précis, on ne se contente plus d'amortir les frais du contrat, on y gagne complètement. Autrement dit, malgré les 0,30% de frais d'enveloppe, cet ETF revient moins cher sur Lucya CNP que sur n'importe quel PEA.

⚠️ Attention toutefois : une nuance importante s'impose sur les indices à forte pondération américaine. Les ETF sur PEA sont en réplication synthétique, une structure qui leur permet d'échapper à la retenue à la source de 15% sur les dividendes américains, alors que cette retenue est subie par les ETF en réplication physique.

Je ne préfère pas rentrer dans les détails techniques, mais sur ces indices concernés, l'écart de frais surestime donc l'avantage de l'assurance-vie. La seule façon de trancher correctement serait de comparer la tracking difference des deux ETF au cas par cas. Mettons-les simplement de côté, pour ne retenir que les écarts incontestables.

Sur ces exemples, le rattrapage moyen ressort à 0,22%, mais il est largement tiré vers le haut par l'Inde. Je préfère donc partir sur le rattrapage médian, à 0,12%, plus prudent et plus défendable.

➡️ On en conclut que le surcoût réel de l'assurance-vie la moins chère du marché, face au meilleur PEA, n'est plus de 0,30% mais plutôt réduit autour de 0,18% par an sur ces expositions.

Ce que chaque enveloppe apporte en contrepartie :


Soyons clairs : le PEA conserve globalement l'avantage une fois les frais d'enveloppe pris en compte. Mais on constate tout de même que l'équation n'est plus la même qu'il y a quelques années. On est passé d'un surcoût de plus d'1% par an, combiné à des frais dans tous les sens sur les vieilles assurances-vie, à quelque chose qui tourne entre 0,18 et 0,30% sur les contrats modernes.

➡️ Et la tendance se poursuit, non seulement par la diminution des frais des contrats, mais aussi par l'élargissement permanent de la gamme d'ETF proposés à l'intérieur. Je trouve cet aspect important, car l'assurance-vie pâtit parfois encore d'une mauvaise réputation, héritée d'années de mauvais contrats. Pourtant c'est exactement la même chose avec le PEA : il suffit de choisir une offre avantageuse, d'un côté comme de l'autre.

Finalement, sur le seul critère des frais, chaque enveloppe a ses contreparties :

PEAAssurance-Vie
Moins cher, mais limité aux actions et ETF européens ou synthétiquesPlus coûteuse, mais univers bien plus large et réplication physique sur toutes les zones
Détention réelle des titres, sans fractionnement possibleTitres détenus par l'assureur, ce qui permet l'achat fractionné
Vraie maîtrise du passage d'ordreOrdres généralement groupés et passés au marché, donc moins maîtrisables

À voir aussi :
➡️ Le comparatif des 3 meilleurs PEA

La fiscalité de sortie


Dans les deux cas, l'enveloppe est hermétique, donc l'imposition n'intervient qu'à la sortie. Pour débloquer les avantages fiscaux, il faut compter 5 ans sur le PEA, contre 8 ans en assurance-vie. Avant ça, on est taxé au maximum, d'où l'importance de lancer le chrono dès que possible sur les deux enveloppes.


La nouveauté cette année se situe sur les prélèvements sociaux : le PEA a subi la hausse d'1,4 point de CSG, mais pas l'assurance-vie.

Sur PEA, le fonctionnement est ensuite très simple : tout ce qui est retiré après 5 ans est exonéré d'impôt sur le revenu, seuls les 18,6% de prélèvements sociaux restent dus. On est donc totalement libre de retirer tout ou partie de son capital après ce délai.

L'abattement annuel en assurance-vie :


C'est en assurance-vie que ça se complexifie légèrement, avec un abattement sur les premiers 4 600€ de gains par an, ou 9 200€ pour un couple. Et je le précise, car j'ai moi-même déjà fait l'erreur : c'est bien de gains qu'il s'agit, pas du montant retiré.

Autrement dit, chaque euro sorti contient une part de capital et une part de plus-value, dans la même proportion que le contrat, et seule la plus-value est taxable.

Abattement annuel sur les gains en assurance-vie

Prenons l'exemple d'un contrat de 100 000€, avec 80 000€ versés et 20 000€ de gains accumulés, soit 20% du montant total. Dans ce cas précis, on peut retirer jusqu'à 23 000€ par an exonérés d'impôt sur le revenu, et non pas uniquement 4 600€ comme on pourrait le penser.

Cela dépend donc entièrement de la part de gains du contrat : si les gains ne représentent que 10%, on monte à 46 000€ retirables exonérés. À l'inverse, si le contrat a bien performé et que les gains représentent 50%, on tombe à 9 200€ seulement.

Calcul du retrait exonéré selon la part de gains du contrat

➡️ Une fois ce mécanisme compris, l'objectif en assurance-vie devient très clair : optimiser ses retraits de manière progressive, en profitant de cet abattement chaque année, contrairement au PEA où le montant et le rythme n'ont aucune importance.

Certains vont même plus loin en effectuant une purge annuelle, qui consiste à retirer chaque année la part de gains exonérée, que l'on en ait besoin ou non, puis à la réinvestir immédiatement sur le contrat.

Purge annuelle des plus-values en assurance-vie

La valeur reste identique, mais les versements augmentent et la part de plus-value latente diminue d'autant, ce qui allège la fiscalité des retraits futurs. C'est très pertinent dans certains cas, notamment pour ceux qui ont réalisé de fortes plus-values à purger progressivement.

✅ Concrètement, en s'y prenant bien, il est possible de ne payer que les 17,2% de prélèvements sociaux sur ses gains. Et c'est là que la hausse de cette année prend tout son sens : sur ces retraits, l'assurance-vie devient moins taxée que le PEA, 17,2% contre 18,6%, un renversement qui n'existait pas l'an dernier.

Au passage, je trouve que tout le monde pense à prendre date sur PEA, mais beaucoup le négligent encore en assurance-vie, et n'en réalisent la puissance que le jour où ils en ont besoin. D'autant qu'il faut compter 3 ans de plus pour en débloquer les avantages.

Ce qu'il faut retenir : sur PEA, la sortie est à 18,6% après 5 ans, sans aucune contrainte de montants retirés. C'est simple, lisible, et ça reste imbattable si on veut sortir une grosse somme d'un coup. En assurance-vie, elle tombe à 17,2% après 8 ans, ce qui devient redoutable, mais à condition d'échelonner ses retraits. Sinon, au-delà de l'abattement, on ajoute 7,5% jusqu'à 150 000€ de versements et 12,8% ensuite. Sur ces tranches, le PEA a clairement l'avantage.

À voir aussi :
➡️ Les 2 meilleurs contrats d'assurance-vie actuels

Simulations chiffrées


Maintenant qu'on a les frais et la fiscalité, voyons le résultat à travers 4 simulations concrètes. Dans les deux cas, je considère que le délai d'antériorité est atteint.

Hypothèse commune :



  • Capital de départ : 5 000€
  • Versement mensuel : 400€
  • Rendement brut : 7% par an
  • Antériorité fiscale atteinte des deux côtés

Côté PEA, je pars sur un bon PEA, sans frais d'enveloppe ni frais d'ordre, donc le scénario le plus favorable pour lui. Quant à l'assurance-vie, je fais varier les frais d'enveloppe entre un bon et un mauvais contrat, puis je choisis d'optimiser ou non les retraits. On verra que ces deux facteurs font toute la différence.

Simulation 1 :


Je commence avec une assurance-vie que je considère très moyenne, voire désormais mauvaise par rapport à ce qui se fait aujourd'hui, avec 0,80% de frais, et sans aucune volonté d'optimiser les retraits.

Simulation PEA ou assurance-vie à 0,80% de frais

Le résultat est sans appel : un écart de 2% se ressent déjà dès 5 ans, puis il croît de manière conséquente, jusqu'à atteindre environ 18% au bout de 30 ans. Dans une telle configuration, le PEA l'emporte largement, et je trouve que les avantages de l'assurance-vie comblent difficilement un tel écart.

Simulation 2 :


À l'inverse, optons maintenant pour l'assurance-vie la plus concurrentielle, à 0,30% de frais, mais toujours sans volonté d'optimiser les retraits.

Simulation PEA ou assurance-vie à 0,30% de frais

On constate déjà une nette amélioration : sur un horizon court de 5 ans, l'écart face au PEA devient marginal, à moins d'1%, et sur 30 ans on récupère 8 points par rapport à la simulation précédente.

➡️ Le PEA l'emporte toujours, mais ces deux simulations mises bout à bout montrent clairement l'impact du choix entre une bonne et une mauvaise assurance-vie. La lecture n'est plus du tout la même, et désormais certains profils, notamment ceux des horizons de 5 à 20 ans, pourraient tout à fait privilégier l'assurance-vie au PEA selon leurs besoins et objectifs.

Simulation 3 :


Allons encore plus loin en optimisant cette fois nos retraits en assurance-vie. L'idée est de les échelonner dans le temps pour profiter de l'abattement chaque année. Et c'est aussi valable pour ceux ayant purgé leur plus-value progressivement.

Simulation avec retraits optimisés en assurance-vie

On ne paye donc plus que 17,2% de prélèvements sociaux, et on constate à nouveau une nette progression. L'écart devient marginal jusqu'à 10 ans, autour d'1% seulement, et ne grimpe plus qu'à 4,5% sur 30 ans.

Le PEA conserve donc son avantage sur la performance pure, mais à ce niveau d'écart, bien plus d'investisseurs vont privilégier l'assurance-vie pour ses autres atouts : des supports plus larges et diversifiés dont des ETF moins chers, l'absence de plafond, des retraits possibles sans clôture du contrat, ainsi que les avantages successoraux.

✅ Cette troisième simulation appuie donc clairement l'intérêt d'échelonner ses retraits en assurance-vie plutôt que de tout sortir d'un coup.

Simulation 4 :


Enfin, ma quatrième simulation intègre en plus le rattrapage sur les frais des ETF évoqué précédemment, ce qui ramène le surcoût réel de 0,30 à 0,18%.

Simulation avec rattrapage sur les frais des ETF

Ici, l'écart devient marginal même sur 20 ou 30 ans, autour de 2% seulement.

Je trouve cette simulation intéressante pour mesurer l'impact de l'élargissement de l'offre d'ETF en assurance-vie, avec des frais qui tirent vers le bas. Mais elle est à prendre avec des pincettes, car elle ne vaut que pour certains ETF, on l'a vu : l'Europe et les pays émergents. Donc par prudence et par réalisme, je privilégie plutôt les simulations précédentes.

Plusieurs choses à retenir de ces 4 simulations : sur l'unique critère de performance, le PEA garde strictement l'avantage. Cependant, deux facteurs suffisent pour atténuer l'écart de 18% à 2% seulement : la qualité du contrat et l'optimisation des retraits.

Autrement dit, le simple fait de choisir une bonne assurance-vie et d'échelonner ses retraits redéfinit totalement la pertinence du PEA ou de l'assurance-vie selon son profil. À chacun ensuite de mesurer le poids des autres atouts de l'assurance-vie face à cet écart.

La transmission


Et il y a justement un atout que le PEA ne compense pas : celui de la transmission.

Côté PEA, le décès entraîne la clôture du plan, les prélèvements sociaux de 18,6% restent dus, et la valeur rejoint intégralement la succession, sans aucun avantage particulier.

Alors qu'en assurance-vie, le capital est versé hors succession aux bénéficiaires de notre choix, avec un abattement de 152 500€ par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans. C'est valable pour qui que ce soit : un enfant, un petit-enfant, mais aussi un concubin pour le protéger, un ami, une association.

Transmission du PEA et de l'assurance-vie

Après 70 ans, l'abattement tombe donc à 30 500€ et devient global, tous bénéficiaires confondus, ce qui est bien moins intéressant.

Versements avant 70 ansVersements après 70 ans
Abattement de 152 500€ par bénéficiaireAbattement de 30 500€ global, tous bénéficiaires confondus
Au-delà : 20% jusqu'à 852 500€, puis 31,25%Au-delà : barème classique des droits de succession

➡️ L'assurance-vie offre donc un net avantage de transmission sur le PEA, avec une liberté de désignation assez unique.

Mon avis final


Pour résumer, le PEA a l'avantage des frais d'enveloppe, puisqu'il n'en prélève pas, ce qui lui permet de l'emporter sur la performance pure. Sa fiscalité de sortie est de 18,6% après 5 ans, elle est simple et sans contrainte sur les montants retirés. En contrepartie, il est plafonné à 150 000€ de versements, restreint aux supports éligibles, et n'offre aucun avantage successoral.

L'assurance-vie donne quant à elle accès à un univers bien plus large : des ETF plus avantageux, de l'or, des SCPI, des obligations, du Private Equity, ainsi que les fonds euros à capital garanti. Sa fiscalité peut descendre à 17,2% en optimisant bien les retraits, l'antériorité demande 8 ans mais rien n'empêche de retirer avant. Elle n'a aucun plafond de versements, et la transmission reste son atout majeur. En contrepartie, il faut accepter de payer ses frais de gestion annuels.

PEA ou assurance-vie : mon avis

✅ Finalement, la vraie question n'est pas de choisir entre le PEA et l'assurance-vie, mais plutôt de les combiner intelligemment. Selon moi, il est primordial de voir loin, d'anticiper ses besoins au fur et à mesure, et d'arbitrer entre PEA et assurance-vie tout au long de sa vie d'investisseur.


⚠️ Avertissement
Contenu strictement éducatif. Ces informations ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé ni un conseil fiscal. Investir comporte des risques de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Vous êtes seul responsable de vos décisions et de vos arbitrages. En cas de doute, consultez un professionnel.

À voir aussi :
➡️ Linxea Spirit 2 ou Avenir 2 ?
➡️ Investir en assurance-vie